/ utopies gravitaires

Photos A.R.N

Laboratoire Topographique

Danse - Gravités - Paysages

crêts du Pilat / / AURA  / Février 2019

Durée: 2 jours

Corps participatif

/ Aventures perceptives / Paysages / in situ / maintenant

Bivouac est un stage, un laboratoire, une expédition artistique. Il utilise un corpus d'expériences perceptives, somatiques ou chorégraphiques pour jouer à observer nos relations (extra)quotidiennes  au paysage.

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Bivouac est un parcours d'immersions chorégraphiques et perceptives, de focus sensoriels, de marches-randonnées-aventures et de protocoles d'imaginaires.

Mettre en jeu - en écriture - en rituel, nos anatomies avec ces étendues.

Jouer avec les météorologies leurs caractéristiques et leur caractères. S'imprégner des qualités tactiles et sensitives du vent, de la chaleur, de l'ombre, de la pluie au service du corps imaginant.

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un Bivouac pour jouer avec les qualités gravitaires et architecturales des éléments du site: S'imprégner du poids de la pierre, de l'horizontalité de la plaine, de la verticalité de l'arbre. La densité de la terre.  Arpenter nos géographies intérieures. Jouer à se transformer, à éprouver les métamorphoses du paysage. 

Bivouac est une contemplation topographique.

BIVOUAC #2

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Ce deuxième Bivouac -hivernal - a eu lieu en plein coeur du Parc Naturel Régional du Pilat. le long de la ligne sommitale du parc. Nous avons évolués aux alentours de 1000 à 1400m d'altitude, traversant belvédères, sous bois, chiras, étendues neigeuses ou d’étranges architectures spatio-temporelles.

À 360° au sommet.

Je fais 3600 révolutions, à l'ouest le soleil et à l'est la nuit. Le monde est là, à portée de regard. L'échelle est mienne, pour l'observation. Et le jour, et la nuit. Au bout de l'échelle du temps. C'est une rencontre, le monde s'offre à mon regard, il sait que je l'observe. L'espace se crée en moi, il prend sa place, se frotte doucement aux parois. Système lunaire, petites comètes qui dansent l'espace d'une seconde pendant que le temps galope. / Claire Crova (Stagiaire-Chercheuse)

…Sentir l'énergie de l'eau au contact de la roche. Laisser fondre la glace dans mes mains. Laisser le vent balayer mon visage. Ressentir la fraîcheur de la neige qui craque sous mes pieds. Respirer la chaleur des arbres dans la forêt. Apercevoir les rayons du soleil. Se suspendre. Communiquer par le regard. Devenir corps-architecture. Courir après le coucher du soleil. Se balancer entre deux arbres. Voir partiellement le paysage et les corps dansant. Épouser les formes de l'arbre. Se téléporter sur le toit d'une maison ou au sommet d'un sapin. Habiter le vide entre deux rochers. Se laisser basculer par le vent qui souffle. Danser ensemble et sentir l’énergie circuler. Voyager. Le sel de ma vie. / Amélie Reix (Stagiaire-Chercheuse)

Tout d'abord, il y a la mer ouatée que l'on observe au loin derrière les vitres, entre l'azur et le blanc. Entravé par des couches de tissus, de matériaux divers, l'ascension débute tandis qu'un froid à la fois humide et régénérant nous rapproche et nous lie. C'est le moment de cristal : le temps s'arrête, mais son passage est paradoxalement marqué par la régularité, et surtout le rythme imprimé par le flux aqueux dont le tumulte tapageur est marqué par une force ordonnée , méthodique et d'une précision évoquant la mécanique. S'adapter à cette lumière nouvelle et changeante. Tout est désormais régi par le blanc,  le cristal, et le rythme sonique de l'eau. Et tout se mêle, les différentes facettes et nuances de couleur et de son. Tout s'apaise aussi. Les mouvements s'agglomèrent à la pierre, l'eau a effacé son tumulte pour s'offrir de manière sereine. Tout ceci avant de monter vers un blanc de plus en plus incandescent, irradiant, impérial. Les sensations contradictoires s'entrecroisent de manière confuse dans ce halo immaculé dans lequel nous nous enfonçons ascensionellement. Puis le triangle rouillé se présente comme une intervention incongrue dans cette étendue unicolore. Cet ouvrage à la géométrie parfaite dont la courbe croissante, et le flux ascenscionel offre comme un écho au rebond de lumière nuancé de rose pale dans la délicatesse du soir tombant. Alors que la lumière décline, la masse blanche se dérobe sous nos pas, et enfin un chaos de pierre celtique nous accueille. Les étoiles scintillent au dessus, et de tout coté . L'incandescence immaculée laisse place peu à peu au clair obscur. Ce noir et blanc, des formes mouvantes, et ses signes luminescents, dont la forme géométrique en ligne, ou parfois plus ramassée sur l'horizon apparaît comme un infini de lucioles….Marche et lassitude, il faut songer à saluer le cristal et ces étendues blanches baignées de lumière vitalisante, dire adieu à ces excroissances rugueuses, mais extraordinairement riches en potentiel créatif et imaginaire. Il faut redescendre, et redonner les clés de la perception au temps ordinaire . / Cédric Sabatier (Stagiaire-Chercheur)

Dessin /  Vanina Charpenay ( Stagiaire-Chercheuse)

Dessin / Maria Vial ( Stagiaire-Chercheuse)